De l'engagement pionnier à la participation des consommateurs

La fin des années 80 marqua le début des initiatives luxembourgeoises de commercialisation d’aliments biologiques. Dans un premier temps, soit pendant la phase pionnière, les agriculteurs fondateurs ont apporté personnellement les moyens financiers dont on avait besoin en tant qu’aide au démarrage. Hélas, pour financer le premier projet commun – une fromagerie fermière – on avait besoin d’un prêt bancaire. Comme la banque liait son service de crédit à la condition que chaque membre de la coopérative fermière BIOG donne son aval pour couvrir le montant total du prêt, la situation n’était pas facile d'un point de vue social.

Quand le premier magasin NATURATA, sis au Rollingergrund à Luxembourg-ville, lança son activité commerciale au début des années 90, 40 personnes intéressées se sont réunies pour former une union de crédit communautaire auprès de la Banque GLS. A l’aide de cette banque allemande, pionnière dans les opérations financières alternatives, on a pu financer un premier stock de marchandises. À partir de ce moment, les fondateurs ont cultivé l’idée qu’une contribution financière de la part des consommateurs est indispensable pour que les fermiers producteurs puissent développer leurs propres instruments de commercialisation.

Étant donné l’évolution assez rapide des entreprises au cours des années suivantes, on a du solliciter des prêts bancaires à plusieurs reprises pour financer les projets pendants. Cependant, pour obtenir un tel crédit, il faut, en général, disposer d’une partie notable de fonds propres. Mais comme les initiatives en question ne généraient que de modestes gains tout au long des années 90, il était impossible de constituer un capital propre en ayant recours aux réserves financières. Par conséquent, la participation systématique des client(e)s représentait un aspect important du financement.

Voilà pourquoi on a lancé une première offre publique d’achat à la fin des années 90 pour ainsi financer la première phase de construction du centre OIKOPOLIS à Munsbach. Une seconde offre publique s’est réalisée en 2006 ayant comme but de lever les fonds dont on avait besoin pour réaliser le second bâtiment du centre OIKOPOLIS. Finalement, on a proposé d’autres parts pour cofinancer le développement continu du réseau OIKOPOLIS à l'aide d'une troisième offre publique en 2013.

Pour faciliter la levée des fonds propres, on avait créé une structure interne misant sur un instrument financier adéquat, à savoir la société OIKOPOLIS Participations SA, fondée en 2005. C’était par cette société de « holding » , soit de participations, que les offres publiques de 2006 et 2013 ont été organisées. Ainsi, chaque intéressé – qu’il soit client, agriculteur ou employé – avait la possibilité de participer à cette société par l’achat d'actions. Jusqu’à l’heure actuelle, toute personne intéressée parmi les groupes d’intérêt mentionnés ci-dessus peut – moyennant l’achat des parts – devenir copropriétaire de presque chaque entreprise faisant partie du réseau BIOG/OIKOPOLIS.